Nuits de la Lecture #4 - Webtoons et lectures en série : quand les images racontent autrement
- Delphine François
- il y a 5 jours
- 3 min de lecture

Le monde change. Oui, j’adore enfoncer les portes ouvertes — #noshitsherlock. Et notre manière d’aborder la lecture change avec lui. C’est tout l’objet de cette série : en parler, informer, transmettre, bref… ouvrir un espace où chacun peut se reconnaître, même de loin.
Si vous aviez demandé à quelqu’un en 1826, la lecture était peut‑être son divertissement numéro un… ou pas. Lire, à l’époque, c’était un privilège. Pas parce que les livres étaient sacrés, mais parce que lire demande deux choses rares : l’apprentissage et le temps. Rien d’inné là‑dedans. Et quand on est paysan en 1826, le temps libre n’est pas exactement un concept très répandu. L’envie non plus, et franchement, ça se comprend.
Aujourd’hui, les problématiques sont différentes. On critique souvent le manque d’intérêt de la jeunesse pour la lecture. C’est en partie vrai… mais c’est aussi un raccourci un peu facile. On vit dans un monde où les options de divertissement sont multiples : cinéma, séries, jeux vidéo, réseaux sociaux, contenus à portée de main, immédiats, accessibles. Forcément, la lecture n’est plus seule sur scène.
Et puis, l’humain a la mémoire courte. On a déjà eu ce débat avec les comics, puis les mangas, puis les animés, puis les jeux vidéo. À chaque fois, on a annoncé la fin de la lecture. Et à chaque fois… non. Les pratiques évoluent, c’est tout. La première réaction face à ce qu’on ne connaît pas, c’est de rejeter. Le fameux clash générationnel. L’autre option ? S’adapter.
Et ça, l’être humain sait très bien le faire. Aujourd’hui, plus personne ne s’offusque des mangas ou des comics : ils font partie de la pop culture. Beaucoup de personnes qui se disent « non‑lecteurs » apprécient pourtant les BD, les comics ou les mangas. Pour plein de raisons : parce que c’est visuel, parce que ça demande une concentration différente, parce que la narration est plus directe… ou pour une raison que je n’ai pas encore imaginée.
C’est là que la révolution numérique change vraiment la donne. On centralise tout dans un seul appareil : gratuit, accessible, immédiat. Alors si on peut créer une appli sociale, pourquoi pas une appli pour lire ? Et encore mieux : une appli pour lire des mangas ou des manhwas ?

Bingo.
On allie l’utile à l’agréable. Lire partout, tout le temps (à condition d’avoir une connexion), et dans un format pensé pour nos habitudes : vertical, fluide, proche du geste de « dérouler » qu’on connaît déjà.
Parmi les pionniers, il y a Webtoon, une appli coréenne devenue internationale grâce à l’engouement qu’elle a suscité. Elle propose aujourd’hui aussi des créations d’artistes locaux. Parce que oui, derrière ces webtoons, il y a souvent des illustrateurs indépendants, pas forcément connus ailleurs, qui créent des œuvres originales.
Comme pour les fanfictions, il y a une périodicité : un épisode par semaine dans le meilleur des cas, parfois moins. Il faut patienter… ou acheter des jetons si l’attente devient insoutenable. Et les plateformes se multiplient, chacune avec ses exclus, ses modèles économiques, ses pépites. Certaines séries durent depuis des années et ont même été adaptées en K‑Drama (dispo sur Netflix, Prime, etc.).
La moralité ?
Déjà, il n’y en a pas.
Ensuite : vous avez l’embarras du choix. Pour ceux qui ont besoin de se rassurer, pour ceux qui préfèrent l’image aux mots, pour ceux qui ne sont pas prêts à « passer à autre chose ». Il y en a pour tous les goûts.
Ceci est l’avant‑dernier volet avant la conclusion. Une conclusion qui ouvrira d’autres portes, pour les plus audacieux. Parce que parfois, quand on tient un récit qui a du potentiel, un récit qui nous ressemble… le lecteur devient auteur sans même l’avoir envisagé.
On se retrouve pour le dernier rendez‑vous.


