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Nuits de la Lecture #3 - Prolonger les mondes : pourquoi on aime rester dans une histoire


Générée avec Canva AI
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Lorsque j’ai recommencé à lire pour le plaisir, je lisais un livre par-ci, par-là. Mais, en parallèle, j’ai aussi commencé à pratiquer le tsundoku avec beaucoup d’enthousiasme — cet art japonais qui consiste à collectionner les livres par amour pour l’objet, sans forcément les lire immédiatement. Or, tout l’intérêt d’un livre, c’est bien d’être ouvert, n’est-ce pas ?


Pour retrouver le goût de lire, je me suis tournée vers les héros de mon enfance. Ceux qui avaient nourri cette fièvre lectrice et marqué toute une génération. Certains sont aujourd’hui connus de tous, adaptés au cinéma ou en séries : Harry Potter, Twilight, Hunger Games, pour ne citer que les plus emblématiques.


Mais lorsqu’on relit une saga plusieurs fois, on ne ressent plus vraiment le frisson de la découverte. L’émerveillement laisse place à la nostalgie. On s’est attaché aux personnages, à l’univers, au lore de ces récits, et on aimerait que cela ne s’arrête jamais. Un peu comme les vacances d’été : on voudrait que le temps se fige, que l’histoire continue encore un peu.

Admettre qu’un récit touche à sa fin peut être frustrant, presque cruel pour un lecteur. Et pourtant, ce n’est pas une fatalité.


Avec l’avènement d’Internet, des espaces sont apparus pour permettre aux fans de prolonger les mondes qu’ils aiment tant. C’est là qu'entrent en scène les fanfictions : des récits écrits par des amateurs passionnés, qui donnent libre cours à leur imagination et les partagent avec d’autres lecteurs.


Ces fanfictions sont accessibles sur des plateformes gratuites comme Archive of Our Own (AO3) ou Fanfiction.net. À l’aide de filtres et de catalogues, il est possible de retrouver ses personnages préférés et de les suivre dans de nouvelles aventures, parfois inattendues, parfois audacieuses.

Bien sûr, ces récits ne sont pas écrits avec l’accord explicite des auteurs originaux. Sans entrer dans des considérations juridiques complexes, disons simplement que la pratique n’est pas toujours en parfaite adéquation avec le droit d’auteur. Toutefois, dans la mesure où ces créations sont gratuites et participent à la popularité des œuvres originales, la plupart des auteurs préfèrent ne pas intervenir.


Ces plateformes sont majoritairement anglophones, mais l’esprit communautaire encourage souvent des traductions amateures. On retrouve ici ce que j’évoquais précédemment : une lecture collective, faite de partages, d’échanges et de commentaires. Les lecteurs peuvent interagir, réagir, encourager, discuter.


Générée avec Canva AI
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Comme pour toute production amateure, la qualité des textes est variable. Certains récits sont très construits, d’autres plus brouillons. L’enjeu n’est pas de juger, mais de choisir : encourager, commenter, ou simplement passer à autre chose.

Lorsque l’on lit de la fanfiction, l’objectif n’est pas d’évaluer une valeur littéraire académique, mais de continuer à habiter un univers familier, un monde cocon. Pour ma part, j’en ai lu un grand nombre. Leur qualité était inégale, mais chacune m’a apporté quelque chose à sa manière.


Et c’est sans doute là l’idée centrale de cette série : lire, ce n’est pas établir une hiérarchie entre les genres, les formats ou les pratiques. C’est s’enrichir, s’ouvrir, et accepter que toutes les lectures ne se ressemblent pas.


Cette envie de prolonger les mondes que l’on aime n’est d’ailleurs pas nouvelle. Peut-être ne vous en souvenez-vous pas. Peut-être n’étiez-vous même pas encore né. Mais l’arrivée des mangas dans les librairies, les kiosques et à la télévision — sous forme d’animés — a longtemps été perçue comme une petite révolution. Dans les années 1980–1990, ces récits venus du Japon étaient jugés trop violents, trop sombres, trop éloignés des codes occidentaux. On craignait qu’ils ne « pervertissent » la jeunesse.


Et pourtant, leur popularité n’a jamais réellement décliné. Aujourd’hui, le manga fait pleinement partie de nos pratiques culturelles. Cette influence s’est étendue avec les manhwas coréens et leur diffusion massive via des plateformes numériques comme Webtoon.

Mais je m’arrête ici. Cette histoire mérite qu’on s’y attarde. Il faudra donc faire preuve d’un peu de patience… On en parle demain.


📚 Pour aller plus loin...

Si je suis parvenue à éveiller votre curiosité sur cette thématique, n'hésitez pas vous rendre sur pour vous faire votre propre idée :



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